De 482 à N°9 : pourquoi j’ai créé Fière Mine

De 482 à N°9 : pourquoi j’ai créé Fière Mine

Quand je vivais en Chine, nous avions une habitude entre amis français. Toutes les semaines ou toutes les deux semaines, nous nous retrouvions pour un brunch. Chacun apportait quelque chose : du fromage, une bouteille de vin, une baguette, de la charcuterie. Souvent des produits importés, des choses que nous avions envie de retrouver et de partager.

Nous étions loin de chez nous, mais autour de la table, il y avait du familier.

J’ai passé près de la moitié de ma vie à l’étranger, entre la Chine, les États-Unis et l’Allemagne. Pendant ces années, j’ai vécu la France un peu par procuration. À travers les amis, la cuisine, les produits qui rappellent l’enfance. À travers les informations françaises aussi, que je continuais à suivre pour savoir ce qui se passait au pays.

Avec le temps, j’ai eu envie de donner une forme concrète à cet attachement. Créer quelque chose de français, fabriqué en France, qui ait du sens et qui me rattache à ce que je suis.

C’est de cette envie qu’est née Fière Mine.

La France que l’on emporte avec soi

À l’étranger, on se retrouve souvent entre Français parce que l’on partage des repères. Une manière de discuter, de recevoir, de passer du temps à table. Des références que l’on n’a pas besoin d’expliquer.

On se découvre aussi attaché à des choses auxquelles on prêtait assez peu attention lorsqu’elles étaient à portée de main. Un produit, une expression, une habitude prennent davantage de place quand ils deviennent plus rares.

Bien sûr, il y a des clichés dans tout cela. Le fromage, le vin, la baguette… Nos brunchs en Chine en réunissaient quelques-uns. Mais ces produits étaient aussi une part de notre quotidien d’avant. Ils nous rappelaient le pays et nous donnaient une raison de nous retrouver.

Et cet attachement dépassait notre cercle de Français. À l’étranger, j’ai pu voir combien notre gastronomie, notre culture et notre art de vivre parlent à des personnes qui n’ont pas grandi en France. Ce qui nous semble parfois ordinaire est aussi ce qui nous fait connaître et apprécier ailleurs.

Cette expérience compte beaucoup dans la naissance de Fière Mine.

Avant Fière Mine, il y avait une maison appelée Cocorico

Trouver le nom a pris du temps.

Au départ, je pensais à Cocorico. C’était le nom de la maison de mes grands-parents, sur le bassin d’Arcachon. Il y avait donc une histoire personnelle derrière ce mot, en plus du symbole français que tout le monde reconnaît.

Le nom était déjà déposé. J’ai dû chercher autre chose.

J’ai essayé plusieurs pistes, plusieurs associations. Pour avancer, je suis revenu à ce que je voulais exprimer : de la fierté, de la tenue, du respect, mais aussi de l’humilité. Une façon d’assumer ce que l’on est, en gardant de la mesure.

Fière Mine est venu de là.

J’avais l’intention avant d’avoir le nom. En cherchant les mots qui correspondaient à cette intention, j’ai fini par trouver ceux de la marque.

Pour moi, faire fière mine, c’est avoir de l’allure et se tenir droit. C’est aussi rester respectueux. La fierté et l’humilité peuvent très bien aller ensemble.

Pourquoi 482 figure dans notre logo

Je voulais que Fière Mine porte une histoire plus large que la mienne.

Nous avons reçu une langue, une culture, des façons de penser et de vivre ensemble. Elles se sont construites au fil des siècles. Notre histoire nous accompagne, y compris à travers des événements que nous n’avons évidemment pas vécus. Elle forme une sorte de mémoire commune.

Le nombre 482, inscrit dans le logo de Fière Mine, est le repère que j’ai choisi pour évoquer les débuts du règne de Clovis, généralement situés vers 481–482.

C’est un point de départ symbolique. La France s’est formée progressivement ; elle ne possède pas une date de naissance qui résumerait à elle seule toute cette construction. Clovis appartient à cette histoire des origines, avec le royaume des Francs et, plus tard, son baptême, qui marque une étape dans les liens entre la monarchie et le christianisme.

À travers 482, je voulais ouvrir cette profondeur historique. Remonter assez loin pour embrasser ce qui nous a précédés et ce qui, au fil du temps, nous a façonnés.

N°9 : une histoire dont la suite reste à écrire

Sur notre première casquette figure également N°9.

Ce numéro désigne le neuvième président de la Ve République, attendu à l’issue de l’élection présidentielle de 2027. Au moment où j’écris ces lignes, nous ne connaissons pas encore son nom.

C’est précisément ce qui m’intéresse dans ce symbole : il laisse une place à l’avenir.

La France a traversé des monarchies, des empires, des républiques, des révolutions et des changements d’institutions. Son histoire comprend des réalisations dont nous sommes fiers, des épreuves et des pages douloureuses. Tout cela appartient au pays dont nous héritons aujourd’hui.

N°9 représente la prochaine étape de cette histoire institutionnelle. Il n’est lié à aucun parti et ne soutient aucun candidat. Son sens tient à la continuité de l’État, au-delà de la personne qui exercera la fonction.

De 482 à N°9, j’ai voulu relier un commencement à une suite encore inconnue.

Entre ces deux repères se trouvent des siècles d’histoire. Après eux, il reste quelque chose à faire et à transmettre.

Pourquoi commencer par une casquette

Je porte des casquettes presque tous les jours. J’ai aussi travaillé un temps dans la mode. Pour une première pièce, ce choix était assez naturel.

J’aime le côté simple de cet objet : on l’attrape avant de sortir, on le porte avec différentes tenues, il trouve facilement sa place dans le quotidien. Je voulais créer quelque chose que j’aurais moi-même envie de porter souvent.

La casquette permettait aussi de réunir les signes de Fière Mine sur une seule pièce : le nom, 482, le drapeau français et N°9.

Puis il a fallu passer de l’idée à la fabrication. Choisir une première couleur, régler les proportions, travailler les différentes broderies. Avec l’atelier, nous avons beaucoup échangé sur ces détails. Une intention doit finir par tenir dans un fil, une dimension, une couleur.

C’est dans ce travail que la première casquette a pris forme.

Fabriquer en France, pour être cohérent

Dès le départ, la fabrication française était essentielle.

Je voulais parler de la France, de sa culture et de son histoire. Faire fabriquer cette première pièce ici donnait une cohérence à l’ensemble du projet. C’était aussi une façon de travailler avec des entreprises françaises et de contribuer, à mon échelle, à leur activité.

Ce choix coûte beaucoup plus cher. Il demande des arbitrages, surtout lorsqu’on lance une première production. Mais il fait partie de la raison pour laquelle j’ai commencé.

Notre casquette est fabriquée à Montpellier. Les échanges avec l’atelier portent sur des questions très concrètes : la broderie de face, le drapeau sur un côté, le N°9 sur l’autre, le logo à l’arrière. Il faut trouver les bonnes proportions et faire tenir l’ensemble.

Il y a aussi eu un plaisir auquel je ne m’attendais peut-être pas autant : celui de travailler en français. Après tant d’échanges professionnels en anglais, cela faisait du bien. Ce lien avec la France que je cherchais au départ se retrouvait jusque dans les conversations de travail.

Ce que j’aimerais partager avec Fière Mine

Fière Mine s’adresse à ceux qui se reconnaissent dans cet héritage et qui ont envie de le faire vivre.

On peut y être attaché par son enfance, sa famille, son parcours ou par une rencontre avec la France. Il n’est pas nécessaire d’y avoir des racines depuis des siècles. J’ai rencontré à l’étranger des personnes profondément sensibles à notre culture, à notre histoire et à notre conception de la vie.

C’est aussi cela que je mets derrière les mots « France Éternelle » : des choses reçues, qui continuent à compter dans nos vies et que d’autres pourront s’approprier à leur tour.

Je repense à ces repas en Chine. Chacun apportait quelque chose qu’il était heureux d’avoir trouvé, et qu’il avait envie de partager avec les autres.

Avec Fière Mine, j’ai voulu, moi aussi, apporter quelque chose.